La réalité augmentée va changer la donne dans les opérations B2B

lundi 20 août 2018 Protolabs
Tablette avec application de réalité augmentée
Scope AR apporte aux revendeurs Caterpillar un support vidéo interactif en réalité augmentée pour la réparation, le dépannage et la maintenance des équipements. Crédit photo : Nouvelles de réalité augmentée

La réalité augmentée (AR) était supposée changer radicalement les choses auprès du grand public, mais n’a pas atteint les sommets qu’on pouvait en attendre. Heureusement, dans le monde B2B, les nouvelles sont bien meilleures.

La réalité augmentée combine pour une personne la perception du monde réel avec un certain type d’informations superposées, générées par un ordinateur. Google Glass a été l’incarnation de l’AR objet du plus grand battage médiatique —mais finalement un échec commercial—en grande partie parce qu’elle ne visait pas la bonne audience.

Il est bien plus facile de trouver des applications professionnelles de l’AR que des applications grand public. Les gens n’ont pas vraiment besoin de voir des menus ou des listes d’appartements ou autres publicités lorsqu’ils se promènent en ville.

Mais imaginez un technicien devant réparer un moteur de jet en moins de 20 minutes : il ou elle pourra grandement bénéficier d’une approche mains libres permettant d’identifier les problèmes et leurs solutions.

Plus un défi est compliqué et technique, plus la valeur ajoutée de la réalité augmentée sera importante. Imaginez que vous regardiez les installations d’une raffinerie de pétrole, et que vous ayez un viseur qui identifie chaque pièce et son utilité. Encore mieux, imaginez un ouvrier capable de commander une pièce de remplacement uniquement en regardant la pièce cassée et en demandant verbalement une nouvelle pièce.

Une étude PWC effectuée en 2016 a montré que plus d’un fabricant sur trois pense adopter les technologies de réalité virtuelle et augmentée en 2018. Ceux-ci ont cité de nombreuses applications potentielles, notamment :

Des lunettes intelligentes qui permettent de suivre des procédures compliquées d’assemblage pour garantir que toutes les pièces sont montées dans le bon ordre, sans perdre de temps pour consulter un tableau, un manuel ou même une tablette.

Des inspecteurs de pièces peuvent prendre une photo de celles qui doivent être modifiées, et également ajouter un enregistrement vocal décrivant le problème avant d’envoyer ces données au collaborateur concerné en quelques secondes.

Pour donner un exemple réel, chaque transporteur Boeing 747-8 accueille plus de 200 km de câblage. L’approche ancienne permettant de montrer aux monteurs où allait chaque câble consistait à leur fournir des « annuaires » plein de diagrammes, ainsi que des instructions sur des ordinateurs portables. Mais cette approche était peu flexible, et forçait les employés à rechercher sans arrêt de nouvelles informations en quittant des yeux leur travail.

Désormais, une solution AR appelée Skylight permet aux techniciens de Boeing de voir les instructions devant eux en même temps qu’ils effectuent leur travail. Ils peuvent naviguer dans le système par des commandes vocales.

Un article récent de Harvard Business Review a décrit une « comparaison image par image d’un électricien câblant un boîtier de contrôle d’une éolienne en utilisant la procédure courante de la société, puis effectuant la même tâche, guidé par des instructions à hauteur de vue sur son poste de travail grâce à un casque AR. Le dispositif a amélioré la performance de l’ouvrier de 34 % dès la première utilisation. »

Le même article de HBR cite l’AR comme un magnifique exemple de « technologies d’améliorations d’aptitudes, un partenariat entre les hommes et des machines intelligentes qui peuvent augmenter les capacités des ouvriers pour des performances extraordinaires, une meilleure sécurité, et une satisfaction plus élevée des travailleurs. » En d’autres termes, elle combine ce que les humains savent le mieux faire avec ce que les technologies numériques font le mieux.

Dans le grand public, Google Glass était juste considérée comme sympa. Mais « sympa  » n’est pas un paramètre dans les usines de fabrication dans lesquelles les ouvriers doivent depuis longtemps s’habiller d’une certaine manière ou porter des équipements de sécurité pour répondre aux exigences de leur poste.

Luigi De Bernardini, Président d’Autoware Digital et DG d’Autoware souligne que « la valeur ajoutée de l’AR est la façon dont les informations sont présentées à l’utilisateur. Elles sont superposées à la ‘réalité’. Les valeurs, icônes ou graphiques sont ancrés à l’objet réel qu’ils décrivent. Dans une application standard, vous utiliseriez probablement une icône de vanne et une étiquette OUVERTE pour indiquer l’état de la vanne. Avec la réalité augmentée, vous superposez simplement l’étiquette OUVERTE sur la vanne elle-même, ce qui facilite la compréhension de l’opérateur ».

Sans réalité augmentée, le facteur limitant pour beaucoup d’opérations est la quantité d’informations qu’un ouvrier peut garder précisément en tête. L’AR a le potentiel de supprimer ce goulet d’étranglement, en jouant le rôle de référence précise, facile et accessible. Utilisée de cette manière, la réalité augmentée n’a rien à voir avec le jeu ou le divertissement, mais plutôt avec la productivité, la rapidité, la sécurité et la précision. Cela vaut la peine de lui accorder votre attention.